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Les enfants difficiles : Qui sont-ils ?

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Les enfants difficiles : Qui sont-ils ?

En service pédopsychiatrique, des parents viennent fréquemment en consultation, demander de l’aide, pour leurs enfants dès l’âge de 3 ans, présentant des difficultés de comportement.

D’après les études, 2 à 6 % de la population générale présenterait des difficultés de ce type, d’un niveau modéré à sévère (Roskam I. , 2012; Roskam I. , 2012), avec une prévalence chez les garçons.

 

Le terme trouble du comportement peut renvoyer à 2 sous-catégories :

  • Les troubles internalisés, c’est-à-dire orientés vers soi (tels que la dépression, l’anxiété, etc.).
  • Les troubles externalisés, c’est-à-dire tournés vers les autres (comme l’agitation, l’agressivité, la désobéissance, l’opposition, l’impulsivité et l’instabilité émotionnelle).

Ce sont ces derniers que nous aborderons dans cet article.

 

Tous les enfants peuvent évidemment être un peu agités, un peu agressifs… Ce sont des comportements normaux. Le fait qu’ils soient présents ne constitue pas un symptôme en soi, mais cela est à envisager en terme d’intensité et de fréquence. En effet, ces comportements deviennent problématiques lorsqu’ils surviennent de manière répétée et/ou démesurée en terme émotionnel.

Les comportements évoqués sont donc relatifs (et non absolus, ce qui indiquerait, de façon stricte, la présence ou l’absence d’un comportement) et sont également dépendants de l’évaluateur. En effet, lorsque l’on observe un comportement, il est très important de le considérer de façon contextualisée.

 

Enfants difficiles

Prenons un exemple : Lorsqu’un enfant est agité dans une cour de récréation, il est en adéquation avec l’environnement dans lequel il se trouve et en phase avec les autres enfants, dans le même contexte. Cependant, si cet enfant a un niveau d’agitation identique, un peu plus tard, en classe, en situation d’évaluation, ce même comportement avec une intensité similaire, ne sera plus considéré comme un comportement normal, mais sera jugé problématique. De plus, si ce dernier s’amplifie en intensité ou se répète fréquemment dans le temps, il sera alors qualifié de trouble.

Ainsi, tout est une question de capacité d’adaptation au contexte et aux demandes émanant de l’environnement. Un second paramètre, déjà énoncé, est celui de l’évaluateur. En effet, l’évaluation de l’intensité et de la fréquence d’un comportement varient en fonction notamment de la qualité de la relation entre l’enfant et celui qui l’évalue. Mais d’autres paramètres internes à l’évaluateur entrent également en ligne de compte, comme son seuil de tolérance, sa culture, son caractère, etc. Il est donc important de multiplier les sources d’observation de ces comportements.

 

Iceberg

Roskam et ses collaborateurs utilisent la métaphore de l’iceberg pour expliquer ce qui sous-tend le comportement de l’enfant (la pointe de l’iceberg). En effet, le comportement est un baromètre de la santé mentale et du bien-être du jeune enfant. Les enfants (de moins de 7 ans) n’ont pas de stop mental et présentent une absence d’auto-régulation. Ils ne savent pas tricher avec leurs émotions (contrairement à l’adulte qui peut, par exemple, être triste et le cacher). Ainsi, le comportement exprimé par l’enfant nous apporte une vérité à son sujet. Ce dernier a, par ailleurs, du mal à reconnaître les états mentaux d’autrui. Il a besoin de temps pour parvenir à les décoder. Les enfants sont surtout centrés sur leurs propres états mentaux, ce qui, au fur et à mesure de leur développement, évolue.

 

De façon générale, il est donc nécessaire de rester prudent sur l’observation d’un comportement et de ne pas en tirer trop rapidement de conclusion. La gêne occasionnée dans le quotidien incitera à choisir un ou plusieurs types de prises en charge selon les difficultés rencontrées. Il est à noter que l’évolution de ces difficultés peut être variée, ce qui fera l’objet d’un prochain article.

 

Travaux cités

Howarth, R. (2012). 100 idées pour gérer les troubles du comportement. Londres: Tom Pousse.

Krotenberg, A., & Lambert, E. (2012). Scolarité et troubles du comportement. Champs Social.

Omer, H. (2017). La résistance non-violente. Paris: De Boeck supérieur.

Roskam, I. (2012). Les enfants difficiles 3-8 ans. Bruxelles: Mardage.

Roskam, I. (2013). Mon enfant est insupportable. Comprendre les enfants difficiles. Bruxelles: Mardage.